Si tu es en stage DEC et que tu as parfois l’impression de vivre dans un agenda Outlook géant, rassure-toi : tu n’es ni mal organisé, ni faible, ni seul.
Entre les missions d’audit qui s’enchaînent, les périodes de rush qui deviennent la norme, la vie personnelle qu’on essaye vaguement de maintenir à flot, et ce fameux mémoire DEC qui reste coincé quelque part entre “j’y pense” et “il faut vraiment que je m’y mette”, la conciliation relève souvent plus de l’équilibrisme que de la méthode.
Et non, personne n’a trouvé la formule magique.
Le fantasme du stage DEC parfaitement maîtrisé
Sur le papier, le stage DEC ressemble à quelque chose de relativement propre.
Tu travailles en cabinet, tu montes en compétences, tu avances progressivement sur ton mémoire, tu passes les épreuves… et tout se déroule plus ou moins harmonieusement.
Dans la vraie vie, c’est un peu différent.
Les missions débordent, les deadlines tombent toujours au mauvais moment, les saisons chargées s’enchaînent sans vraiment laisser de respiration, et le mémoire DEC devient ce dossier qu’on garde mentalement ouvert en permanence… sans jamais vraiment s’y plonger.
Résultat : une fatigue diffuse et ce sentiment pénible de toujours avoir quelque chose de plus important à faire ailleurs.
Pourquoi le stage DEC prend autant de place
Le premier problème, c’est que le travail en cabinet est envahissant par nature.
Que tu sois en audit ou en expertise, les périodes creuses sont rares, et les périodes chargées sont longues. Très longues.
Le DEC, lui, ne crie pas.
Il n’a pas d’urgence client, pas de manager qui te relance, pas de deadline hebdomadaire.
Donc, mécaniquement, il passe après tout le reste.
Et comme il n’est jamais vraiment urgent, il devient progressivement un sujet de culpabilité permanente. Tu sais que tu devrais avancer… mais tu sais aussi que tu n’as ni l’énergie ni la bande passante mentale pour t’y mettre sérieusement après une journée chargée.
Le mémoire DEC : le faux problème
Contrairement à ce qu’on croit, le problème du mémoire DEC n’est pas l’écriture.
Ce n’est pas non plus le niveau technique.
Le vrai problème, c’est le flou.
Flou sur le thème.
Flou sur l’angle.
Flou sur ce que le jury attend réellement.
Flou sur la valeur ajoutée du sujet.
Tant que ce flou existe, chaque tentative d’avancement coûte énormément d’énergie. Et plus ça coûte, plus on repousse. Jusqu’au moment où le stress prend le relais.
Les pièges dans lesquels tombent beaucoup de stagiaires DEC
Beaucoup attendent “le bon moment” pour s’y mettre sérieusement.
Spoiler : ce moment n’arrive jamais vraiment. Il y aura toujours une mission de plus, un déplacement, une clôture ou une urgence client.
D’autres cherchent un thème de mémoire parfait dès le départ. Un sujet ambitieux, original, irréprochable. Résultat : un thème trop large, trop théorique, impossible à cadrer concrètement avec la réalité du cabinet.
Et puis il y a ceux qui veulent tout faire seuls. Par discrétion, par fierté ou parce qu’ils ont l’impression que demander de l’aide serait un aveu de faiblesse. En réalité, c’est souvent l’inverse.
Ce qui permet réellement de tenir pendant le stage DEC
Il faut déjà accepter une chose : l’équilibre parfait n’existe pas.
Il y aura des périodes où le cabinet passera devant tout le reste, et d’autres où tu pourras souffler un peu. Chercher à tout optimiser en permanence est souvent contre-productif.
Ce qui aide vraiment, c’est de ramener le mémoire DEC à quelque chose de concret. Les sujets qui avancent sont presque toujours ceux qui sont directement liés à une expérience réelle, à une mission vécue, à un problème rencontré sur le terrain. Moins de théorie abstraite, plus de vécu professionnel.
Avancer par petites touches est aussi beaucoup plus réaliste que de viser de grandes plages de travail idéales qui n’arrivent jamais. Une idée notée, un angle reformulé, une problématique clarifiée… ce n’est pas spectaculaire, mais c’est ce qui fait avancer sur la durée.
Enfin, se faire challenger tôt change beaucoup de choses. Pas pour écrire à ta place, mais pour sortir du flou, confronter tes idées, éviter de partir pendant des mois dans une direction bancale.
Tenir dans la durée, sans s’auto-saboter
Le stage DEC n’est pas une course contre les autres.
Ce n’est pas non plus un concours de productivité ou de souffrance silencieuse.
C’est un parcours long, exigeant, parfois frustrant, qui demande surtout de la clarté et des choix simples. Vouloir tout faire parfaitement est souvent le meilleur moyen de ne rien faire du tout.
Si tu as l’impression de mal concilier vie perso, missions d’audit et mémoire DEC, ce n’est pas un échec. C’est simplement la réalité du terrain.
L’important n’est pas d’en faire plus.
C’est d’éviter de rester bloqué trop longtemps au même endroit.
(On reparlera du mémoire.) 😉
